Tables de multiplication au CM1 et au CM2 : combler les trous avant la 6e
En CM1 ou en CM2, l’école considère que les tables de multiplication sont acquises. Pourtant, beaucoup d’enfants hésitent encore sur 7 × 8 ou 6 × 9, et compensent en comptant sur leurs doigts ou en déroulant la table dans leur tête. Ça passe, jusqu’au jour où la division posée, les fractions et les problèmes en plusieurs étapes s’accumulent. Bonne nouvelle : à cet âge, les trous sont presque toujours localisés, et se comblent vite avec la bonne méthode.
L’essentiel en 30 secondes
- Au CM1 et au CM2, les tables ne sont plus enseignées : elles sont utilisées tous les jours, en division posée, en fractions et en problèmes.
- Les trous sont souvent peu nombreux, en général quelques résultats des tables de 6, 7, 8 et 9.
- Commencez par un test de 3 minutes pour repérer précisément les résultats qui manquent.
- Travaillez uniquement ces résultats, 10 minutes par jour, avec une astuce pour chacun et des cartes.
- Ménagez l’amour-propre : à 9 ou 10 ans, retravailler les tables peut être vécu comme vexant. Présentez-le comme un entraînement d’expert.
Pourquoi des tables fragiles posent problème au CM
Au CE2, les tables sont un objectif. Au CM1 et au CM2, elles deviennent un outil, mobilisé dans presque toutes les séances de mathématiques. Un enfant qui doit chercher 7 × 8 pendant cinq secondes n’a pas seulement un calcul lent : il perd le fil de ce qu’il était en train de faire.
| Ce que fait l’enfant au CM | Pourquoi il a besoin de ses tables |
|---|---|
| La division posée | À chaque étape, il cherche combien de fois le diviseur tient dans un nombre : 7 fois combien s’approche de 45 ? |
| La multiplication posée | Chaque chiffre se multiplie de tête : une erreur de table fausse tout le résultat |
| Les fractions | Trouver des fractions égales (3/4 = 6/8), simplifier, comparer |
| Les multiples et diviseurs | Reconnaître que 56 est dans la table de 7 et de 8 |
| Les problèmes | Garder la tête libre pour raisonner, au lieu de la consacrer au calcul |
C’est ce qu’on appelle la charge de la mémoire de travail : quand un calcul simple n’est pas automatique, il occupe l’attention qui devrait servir au raisonnement. Votre enfant peut alors donner l’impression de « ne pas comprendre la division », alors que c’est la table qui manque.
Les signes qui doivent vous alerter
- Votre enfant récite la table depuis le début pour trouver un résultat (« 7, 14, 21… »).
- Il compte sur ses doigts ou fait des additions répétées (8 + 8 + 8…).
- Il fait des erreurs dans la division posée alors qu’il en a compris la technique.
- Il confond régulièrement des résultats proches : 54 et 56, 63 et 64, 42 et 48.
- Ses devoirs de maths prennent beaucoup plus de temps que prévu, et il s’énerve.
Un seul de ces signes ne suffit pas à conclure, mais plusieurs ensemble indiquent presque toujours des tables pas tout à fait automatiques.
Étape 1 : repérer précisément ce qui manque
À cet âge, inutile de tout reprendre. Votre enfant connaît sûrement très bien ses tables de 2, 5 et 10, et la plupart des autres. Le travail consiste à trouver les quelques résultats qui résistent. Faites-lui passer notre test des tables à imprimer : 20 calculs en 3 minutes, dans le désordre et dans les deux sens. Notez chaque erreur et chaque case vide.
Notre fiche gratuite propose en plus une table de Pythagore diagnostic : votre enfant remplit la table de 2 à 9, en temps libre, puis colorie en rouge les cases où il a hésité. Souvent, seule une dizaine de cases ressortent, et ce sont fréquemment les mêmes : 3 × 7, 4 × 7, 6 × 7, 6 × 8, 6 × 9, 7 × 7, 7 × 8, 7 × 9, 8 × 8 et 8 × 9. Voir qu’il en reste si peu rassure beaucoup.
Étape 2 : un plan de 3 semaines, au service de la division
Au CM, l’objectif n’est pas seulement de « savoir ses tables », mais de pouvoir s’en servir sans y penser dans les calculs de la classe. Le plan se termine donc toujours par des usages concrets.
| Semaine | Ce qu’on vise | Ce qu’on fait | Le lien avec le CM |
|---|---|---|---|
| 1 | Un appui pour chaque case rouge | Une astuce par résultat (6 × 8 = double de 3 × 8 ; 9 × 7 = 70 − 7), une carte par résultat | Ne plus recompter pendant une division posée |
| 2 | Les deux sens | Cartes tirées au hasard : 7 × 8 = …, mais aussi 7 × … = 56 et 56 ÷ 7 | Chercher « combien de fois 7 dans 56 » |
| 3 | Le plus proche sans dépasser | 7 × … le plus proche de 45 : 6 (42) ; puis de petites divisions posées | Chaque étape de la division posée |
Les astuces pour chaque résultat difficile sont détaillées dans notre guide sur les tables de 6, 7, 8 et 9. La méthode des cartes et des boîtes, qui fait revenir les résultats ratés plus souvent que les autres, est expliquée dans mon enfant n’arrive pas à retenir ses tables.
Étape 3 : préserver la motivation
À 9 ou 10 ans, revenir sur les tables peut être vécu comme une régression : « c’est pour les petits ». Quelques précautions changent tout :
- Le bon vocabulaire. On ne « réapprend » pas ses tables : on s’entraîne à les rendre ultra-rapides, comme un sportif qui travaille un geste précis.
- Le progrès visible. Le nombre de cartes difficiles qui diminue, le record qui s’améliore, la table de Pythagore qui passe du rouge au vert.
- La discrétion. Pas de séances devant les frères et sœurs, pas de comparaisons.
- Des défis à sa mesure. Les jeux de stratégie et les défis de vitesse plaisent souvent plus que les fiches. Nos jeux de tables s’adaptent facilement aux plus grands.
Au quotidien, sans fiche
À cet âge, le travail sur table se complète très bien par des moments informels, souvent mieux acceptés :
- Les questions éclair : deux ou trois calculs difficiles en voiture, au repas ou en marchant. Toujours les mêmes pendant quelques jours, puis on change.
- Les calculs de la vie réelle : le prix de 6 places de cinéma à 8 €, le nombre de jours dans 7 semaines, les points d’une partie de jeu de société.
- Le défi inversé : c’est votre enfant qui vous interroge. Pour vérifier vos réponses, il doit les connaître.
- Le chrono contre soi-même : une fois par semaine, la même série de 20 calculs, et l’on note le temps sur un petit graphique.
Avant l’entrée en 6e
Au collège, les tables continuent de servir partout : fractions, calcul littéral, proportionnalité, puissances. Un été pour consolider les tables avant la 6e est un excellent investissement : 10 minutes par jour pendant 3 ou 4 semaines suffisent souvent. Gardez simplement le même principe : repérer, travailler seulement ce qui manque, vérifier les progrès. Notre guide sur le rattrapage des lacunes en maths donne d’autres pistes pour organiser cette remise à niveau.
Quand en parler à l’enseignant ?
Au CM, l’enseignant voit votre enfant faire des divisions, des fractions et des problèmes : il sait si les tables le freinent vraiment en classe. Parlez-lui de votre plan de 3 semaines, il pourra vous dire si les progrès se voient aussi à l’école. Si, malgré un travail régulier, rien ne bouge, ou si d’autres notions de base posent problème, il pourra vous orienter vers un bilan. Mais le plus souvent, des tables fragiles au CM relèvent simplement d’un entraînement à mieux cibler.
Téléchargez la fiche gratuite : une table de Pythagore diagnostic à remplir, la liste des 10 résultats les plus difficiles avec un appui pour chacun, le plan de 3 semaines à cocher et une grille de progrès.

Mon plan de rattrapage des tables
Une table de Pythagore diagnostic, les 10 résultats les plus difficiles avec un appui pour chacun, le plan de 3 semaines à cocher et une grille de progrès.
Télécharger la fiche (PDF, 3 pages, 0,3 Mo)


